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Analyses économiques
Décidément, il
n’y en aura pas de facile pour le secteur aérospatial
québécois. Ce dernier remis des
événements du 11 septembre et de la crise du SRAS,
qui ont plombé l’industrie en 2001 et 2003
respectivement, voilà que l’effondrement du
marché immobilier américain a fait boule de neige et
s’est propagé à la planète
entière. Nous nous retrouvons aujourd’hui en pleine
crise du crédit et au bord d’une récession
économique mondiale, ce qui n’augure rien de bon pour
la confiance des consommateurs, l’activité des
entreprises et, par effet domino, le transport aérien. Tout
n’est cependant pas noir, car pour l’instant, les
entreprises tiennent le coup, roulant sur leurs carnets de
commandes. Et ils sont pleins.
En juillet dernier, au Salon international de Farnborough en
bordure de Londres, on se gargarisait de l’âge
d’or que vit présentement l’industrie. Les
annonces faites à cette grande kermesse de
l’aérospatiale ont totalisé presque 90 G$. Les
entreprises québécoises présentes n’ont
pas été laissées pour compte et ont
récolté leur part du butin : CAE,
Héroux-Devtek et CMC Électronique sont reparties avec
des contrats de quelques millions de dollars. Quant à
Bombardier, non content de seulement lancer sa Série C, il a
fait son annonce avec une commande ferme de Lufthansa. Quoi de
mieux comme départ pour ce programme tant attendu !
Quels sont les éléments fondamentaux qui expliquent
autant d’effervescence ? De façon
générale, l’avion s’est largement
démocratisé : de plus en plus de gens accèdent
à la classe moyenne et donc, voyagent plus : selon les
chiffres de l’IATA, le trafic international augmentera de 5 %
par année jusqu’en 2011, essentiellement soutenu par
les voyageurs en provenance de l’Europe de l’Est, de
l’Asie et du Moyen-Orient. De plus, l’économie
mondiale, tirée notamment par l’essor de la Chine et
de l’Inde, s’est montrée en bonne posture ces
quelques dernières années, se chiffrant à 5 %.
Cela fait en sorte que les entreprises sont profitables et
développent des affaires à l’étranger,
stimulant ainsi le transport. Enfin, le resserrement des
contrôles de sécurité aux aéroports
depuis les attentats terroristes a propulsé la demande pour
l’aviation d’affaires.
Quoi qu’il en soit, l’industrie ne manque pas de
défis. Tout d’abord, la chaîne mondiale
d’approvisionnement se rétrécit. Pour continuer
d’en faire partie, les entreprises québécoises
devront se réorganiser. C’est que les grands donneurs
d’ordre, tels qu’Airbus et Boeing, ont tendance
à réduire le nombre de fournisseurs avec lesquels ils
traitent. Ils préfèrent faire affaire avec des
entreprises à la feuille de route solide pour diluer le
risque financier associé au développement de leurs
programmes. Le Québec a-t-il ce qu’il faut ? Oui, s'il
sait faire émerger davantage d'intégrateurs.
Un autre des grands défis de l’industrie demeure celui
d’améliorer sa productivité, surtout si le
huard continue de se renforcer. Avec des avions qui se vendent en
dollars US, mais des frais d’exploitation en dollars
canadiens, les marges des entreprises québécoises
sont fragilisées par toute hausse du huard. Pour
accroître sa productivité, l’industrie
n’aura d’autre choix que d’innover davantage et
de développer des produits d’avant-garde, comme le
nouveau moteur vert de Pratt & Whitney lancé plus
tôt cette année.
Enfin, le secteur aérospatial mondial manque de
main-d’œuvre qualifiée. Au Québec en
particulier, d’après le Comité sectoriel de
main-d’œuvre en aérospatiale (CAMAQ), on
prévoit devoir pourvoir à 3 900 postes d’ici
2009. Recruter dans cette industrie cyclique, vulnérable aux
aléas du transport aérien, n’a rien d’une
sinécure. Cela dit, la perspective de faire partie
d’une industrie qui semble prête à prendre de
l’altitude malgré les turbulences devrait permettre
d’attirer de bons candidats.





